TAM, Modèle d’acceptation des technologies: difficultés et avantages perçus – F. Davis

Le schéma général

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Figure  0  – Le modèle TAM dans sa première version

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Définition des principaux concepts

Pour expliquer le comportement de l’utilisateur des TIC et la performance perçue, c’est sur la base de deux théoriques cognitives  que Fred Davis a proposé le modèle TAM d’acceptation de la technologie (Technology Acceptance Model, voir Davis 1993) :

  • dans la théorie cognitive de l’action raisonnée (voir Ajzen et Fishbein dans Décision et processus cognitifs) on considère deux facteurs de base : la motivation (intérêt personnel et influence sociale des autres) et la capacité (ce qui est réalisable en fonction des efforts à faire),
  • dans la théorie des attentes, initiée par Vroom (voir ici Bergeron 1979), on met l’accent sur les conséquences perçues, en définissant trois facteurs de motivation au travail : (Suis-je capable?) x (Que vais-je obtenir?) x (Quelle valeur pour les avantages obtenus?).

1. Le modèle TAM : utilité perçue et facilité perçue

Dans le modèle TAM, Davis donne un rôle prépondérant aux attitudes de l’utilisateur. On considère ici que l’utilisateur fait une analyse individuelle de deux conséquences à venir, l’utilité perçue et la facilité d’utilisation perçue :

  • l’utilité perçue est le degré avec lequel une personne pense que l’utilisation d’un système peut améliorer sa performance au travail (analyse en terme d’efficacité personnelle, en fonction du résultat attendu et des conséquences perçues);
  • la facilité d’utilisation perçue est le degré avec lequel une personne pense que l’utilisation d’un système ne nécessiterait pas trop d’efforts (analyse personnelle en terme de Coûts/Bénéfices ou de Motivations/Freins).

On considère dans le modèle que de nombreuses variables externes expliquent cette utilité perçue et cette facilité perçue (telles que l’utilisateur, l’organisation, le système technique…) et on considère aussi que la facilité d’utilisation peut influencer l’utilité perçue.

2. Le modèle TAM : l’intention de comportement

C’est ensuite l’intention de comportement qui est au cœur du modèle TAM. On considère en effet :

  • que des attitudes se forment, lesquelles déterminent ensuite une intention de comportement;
  • que c’est cette intention qui déclenche un comportement, puis une utilisation réelle (et au final une performance qui peut être mesurée en terme de satisfaction, de temps, de qualité des décisions, de confiance…).

A l’aide de questionnaires et d’analyses de variance, de très nombreuses recherches ont vérifié statistiquement la validité des concepts de facilité d’utilisation perçue et d’utilité perçue, dans le cas de TIC très variées. De très nombreuses variables externes ont aussi été testées, relatives notamment à l’individu (âge, sexe, poste, formation, expérience, aptitude à la saisie, anxiété informatique, niveau d’étude, etc.), au contexte organisationnel (soutien des dirigeants, influence sociale, politique informatique…) et à la technologie (fonctionnalités, qualité, adéquation…) : voir Kefi 2010, voir Baile 2005 et voir le chapitre 2 du livre Information System Theory, qu’on trouve actuellement à cette adresse.

3. Le modèle TAM a eu un succès retentissant

Le TAM apparait à la première place du « palmarès » des théories les plus utilisées en recherche sur les SI (voir l’article Theories Used in IS Research). Devant le succès des analyses quantitatives en terme de coûts/bénéfices individuels, de nombreux modèles dérivés ont été proposés, intégrant d’autres variables externes et d’autres variables modératrices (depuis le TAM2, figure ci-dessus, jusqu’au modèle unifié UTAUT et aux modèles PAM de post-adoption). Voir la revue de littérature sur l’adoption des S.I. de Beqqali Hasani et al. (2016).

King et He (2006) ont réalisé une méta-analyse du modèle TAM, ils montrent que les extensions théoriques auxquelles ce modèle a donné lieu ont permis d’inclure des variables externes telles que « l’efficacité comportementale perçue » (sur le sentiment d’auto-efficacité, voir Bandura dans Décision et processus cognitifs).

C’est aussi pour l’extension des bases théoriques jugées beaucoup trop restreintes, que plaide Richard Bagozzi, l’un des auteurs d’origine du TAM : pour lui, il faut notamment prendre en compte les processus cognitifs liés aux émotions et aux capacités d’auto-régulation, voir Bagozzi (2007).

Au final, dans la problématique générale de « l’évaluation de la performance » au niveau local, on peut distinguer trois approches : ici ce modèle de l’Acceptation (avec l’intention d’utilisation), mais aussi les modèles des Besoins (avec l’adéquation Tâches-Technologie)  et les modèles de Succès du S.I. (satisfaction-utilisation et performance) :

Evaluations

Voir les autres théories utilisées dans le contrôle des SI

REFERENCES

Davis F. (1993), User acceptance of information technology, International Journal of Man-Machine studies n° 38

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R. Bagozzi (2007), The Legacy of the Technology Acceptance Model and a Proposal for a Paradigm Shift, JAIS, Vol 8, Issue 4

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King W, He J. (2006), A meta-analysis of the Technology Acceptance Model, Information & Management n°43

Baile S. (2005), L’approche comportementale de l’évaluation des systèmes d’information : théories et taxonomie des modèles de recherche, Communication au congrès de l’AIS

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Kefi (H. 2010), Mesures perceptuelles de l’usage des systèmes d’information : application de la théorie du comportement planifié, Humanisme et Entreprise n° 297

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Bergeron J-L. (1979). Un cadre théorique pour l’étude de la relation entre la participation et la motivation au travail. Relations industrielles, 34 (3)

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I. Beqqali Hasani et al. (2016), Revue de littérature sur l’adoption des systèmes d’information, Journée IEEE Technologies d’Information et de Modélisation

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Voir le site Theories used in IS Resaerch, qui cite plus de 60 références principales utilisant le TAM :

Technology acceptance model